Le plus prestigieux palace de Monaco : L’Hôtel de Paris Monte-Carlo

Le plateau des Spélugues, à Monaco, n’était encore qu’un terrain aride et planté de maigres oliviers et d’agrumes lorsque l’on décida d’y bâtir de toutes pièces un casino et un quartier de luxe destiné à recevoir la riche clientèle internationale : Monaco.

Une telle ambition ne put se concevoir sans un palace à la hauteur des ambitions du lieu : ce fut l’Hôtel de Paris Monte-Carlo.

La consigne de François Blanc, qui présidait aux destinées de la Société des Bains de Mer, fut claire et constitua ce qu’aujourd’hui, nous appellerions un cahier des charges : « Un hôtel qui dépasse tout ce qui a été créé jusqu’ici, même l’Hôtel du Louvre et le Grand Hôtel à Paris. Je veux que l’on parle de l’Hôtel de Monaco comme d’une merveille et en faire ainsi un puissant moyen de publicité ».

L’Hôtel fut inauguré en 1864 et fut baptisé d’un nom qui rendait hommage à ses prestigieux concurrents tout autant qu’à son architecture délibérément haussmannienne : Hôtel de Paris Monte-Carlo.

Deux mois après son inauguration, l’hôtel afficha complet, nécessitant très vite des agrandissements. Depuis 1864, il y en eut sept…

Dès l’arrivée du chemin de fer à Monaco, en 1868, l’Hôtel de Paris Monte-Carlo devint le rendez-vous incontournable de ce qui ne s’appelait pas encore la « jet set » : l’ancien Président des Etats-Unis, le Général Grant, le Grand Duc Serge de Russie, Jules Verne, Offenbach, Verdi ou encore Alexandre Dumas…

Dans les années 1880, un chroniqueur mondain relate les extravagantes quantités de matières premières nécessaires à l’élaboration des mets d’une des plus prestigieuses tables du monde : chaque jour, 700 kilos de bœuf, 200 poulets, 150 pièces de gibier, 14 moutons, 150 douzaines d’huitres et 1400 bouteilles sont nécessaires aux 127 cuisiniers pour satisfaire les hôtes les plus exigeants…

L’extravagance est de mise : Elisabeth de Russie, la célèbre Sissi, affectionne l’hôtel. On lui installe des poutres au plafond de sa chambre pour satisfaire son gout immodéré pour une curieuse activité physique : le trapèze ! Un grand duc, lui, ne descend jamais à l’hôtel sans ses 50 jardiniers destinés à satisfaire un petit plaisir matinal : ouvrir sa fenêtre devant un jardin différent chaque jour…

L’hôtel de Paris Monte-Carlo au cours du XXème siècle

Dès la fin de la première guerre mondiale, les grands de la culture, des arts et du pouvoir se retrouvent à nouveau, parmi Diaghilev, Lifar ou le roi de Suède Gustave V, tous des habitués des lieux.

Pendant le deuxième conflit mondial, l’hôtel devient le havre de quelques réfugiés qui fuient la fureur de la guerre… et dès la fin des années 40, la clientèle anglaise fait les riches heures de l’hôtel : membres de la Couronne Britannique y croisent le plus illustre des sujets de Sa Majesté : Sir Winston Churchill.

En 1952, c’est le tout Hollywood qui se retrouve à l’Hôtel de Paris Monte-Carlo pour célébrer l’inoubliable mariage d’Eroll Flynn…

En 1987, l’Hôtel de Paris Monte-Carlo s’adjoint les talents du plus prestigieux représentant de la gastronomie française : Alain Ducasse, qui anime le restaurant le Louis XV.

Et aujourd’hui encore, prendre un verre au Bar Américain est un des plus sûrs moyens de croiser quelques grands de ce monde…

1866 - L'Hôtel de Paris
1866 - L'Hôtel de Paris
1910 - L'Hôtel de Paris
1910 - L'Hôtel de Paris
1931 - L'Hôtel de Paris
1931 - L'Hôtel de Paris
1947 - L'Hôtel de Paris
1947 - L'Hôtel de Paris
1965 - L'Hôtel de Paris et sa navette
1965 - L'Hôtel de Paris et sa navette
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