La naissance « à toute vapeur » de l’Opéra de Monte-Carlo…

 

Lorsqu’en avril 1878, la Société des Bains de Mer décide qu’il manque à Monte-Carlo une salle de spectacles digne de ce nom, elle ne s’imagine pas qu’elle va être ainsi à l’origine d’un chantier hors normes. Les contraintes d’exploitation des hôtels et du casino rendent indispensable la réalisation du nouveau bâtiment dans un délai de six mois. C’est l’architecte Charles Garnier qui relève le défi. L’opéra, il connait puisqu’il y a quatre ans, en 1874, a été inauguré l’opéra de Paris, conçu par Garnier et dont il s’inspire largement pour l’opéra de Monte-Carlo, vu par certains comme une réplique plus réduite de l’édifice parisien.

 

Très vite, les contraintes de temps vont obliger à organiser un chantier ouvert jour et nuit. Pour éclairer le chantier, une machine à vapeur est amenée par chemin de fer de Paris à Monaco. Une grue doit être montée pour déplacer la machine de la gare jusqu’au chantier. Enfin installée, la machine à vapeur, dans le bruit et la fumée, produit l’électricité nécessaire à l’éclairage nocturne du chantier. Toujours mue par l’obsession de travaux rapidement achevés, le chantier fonctionne à plein régime et ce sont un millier d’ouvriers qui s’entassent  sur le petit territoire monégasque pour mener à bien la construction.

 

Charles Garnier coordonne les corps de métiers les plus invraisemblables : maçons, tailleurs de pierre, vitriers, parqueteurs, mosaïstes, artistes-peintres, sculpteurs, tapissiers, tous réunis pour faire du futur opéra de Monte-Carlo un édifice à la hauteur de la clientèle prestigieuse à laquelle il est destiné.

 

L’éveil d’une nymphe…

 

Le 25 janvier 1879, le miracle a eu lieu, l’opéra est achevé en un délai record. Un autre miracle va se produire ce jour-là : celui de l’inauguration…

 

Sarah Bernhardt incarne une nymphe enfermée depuis l’éternité dans les rochers qui servent de fondations au bâtiment. Ni le temps ni le vacarme infernal des travaux n’a pu la déloger des entrailles de la terre mais la musique jouée par le chef d’orchestre, ce soir-là, va réveiller la nymphe… Ainsi nait l’opéra de Monte-Carlo, par la voix de Sarah Bernardt, grâce au projet fou de la Société des Bains de Mer et au génie de Charles Garnier, sous le regard émerveillé de 800 convives triés sur le volet – à dire vrai, toute l’aristocratie européenne.

 

Ainsi l’Opéra de Monte-Carlo va devenir l’écrin de l’Orchestre Philarmonique de Monte-Carlo, de la troupe de l’Opéra de Monte-Carlo et des Ballets de Monte-Carlo.

 

En 2005, après deux ans d’un chantier presqu’aussi impressionnant que celui de sa construction, l’Opéra de Monte-Carlo a retrouvé son éclat initial, laissant sans voix tous les visiteurs qui pénètrent dans cette salle chargée d’une histoire aussi prestigieuse.

Opéra de Monte-Carlo
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